Entreprendre en Afrique : l’immense potentiel du secteur de la Santé en Tunisie

  • Source :Par Mondher Khanfir
  • 2018-06-22

Entouré d’un panel de personnalités éminentes lors de la conférence co-organisée par AfricaPresse.Paris et Convergence Internationale, sur le thème “Entreprendre en Afrique: les atouts du secteur de la Santé en Tunis », et qui s’est tenue à Paris le 20 juin 2018 au Palais de l’Industrie, j’ai eu l’opportunité de mettre en avant la première étude du Think Tank « For as shared prosperity in Africa » relevant du Conseil d’Affaires Tuniso-Africain (www.tabc.org ), et qui montre la maturité d’un secteur appelé à jouer le rôle de locomotive pour faire entrer de plain-pied la Tunisie dans l’économie basée sur les connaissances.

Présenté comme une « Industrie du Savoir » la Santé peut créer une dynamique de progrès social et économique important. A travers un croisement des piliers de l’économie basée sur les connaissances avec les instruments de politiques publiques, l’étude a relevé les atouts et points forts sur lesquels elle pourra s’appuyer pour faire de la Tunisie un centre d’excellence de santé.

 En bref : La Tunisie consacre 7% de son PIB à la santé publique, dont 43% sont assurés par le secteur privé. Elle fait partie des rares pays africains qui ont système sanitaire complet, avec une filière d'enseignement de médecins et de paramédicaux de qualité, des laboratoires de recherche et une industrie pharmaceutique sophistiquée. Elle produit notamment des médicaments et des vaccins, qui couvre près de la moitié de ses besoins, et exporte le reste dans plusieurs régions du monde. La Tunisie est classée 49ème mondial en terme de publications d'articles scientifiques, mais affiche peu de brevets en la matière, malgré une impressionnante capacité de R&D en Sciences de la Vie et Biotechnologies (111 labo et près de 6000 chercheurs et doctorants), appuyée par un Biotechnopole de classe mondiale situé à Sidi Thabet.

Elle accueille près de 400 000 de patients étrangers par an, dont 3% sont Européens, essentiellement pour des opérations esthétiques et thalassothérapie

De l'excellence du secteur e-santé tunisien.

Le système d'information de la santé en Tunisie est en grand chantier, et devrait d’ici 2020 connecter les systèmes d’information hospitaliers et intégrer les dossiers médicaux et données radiologiques. Avec l'adoption de l'eGov et l'openGov par la Tunisie, des opportunités se présentent pour les startups technologiques. Par ailleurs, grâce au Startup Act, plusieurs projets vont pouvoir s'accélérer. A noter qu’un cluster eHealth a vu le jour en 2017 dans la région de Sfax, sous l'impulsion du Centre de Recherche en Numérique et le Technopole de Sfax. Il ambitionne de produire une dynamique d'innovation dans le domaine.

Les tendances structurantes et les défis à relever

Afin de consolider la chaîne de valeur "soins' en Tunisie, et accélérer le développement du secteur, il y a un appel d’air pour des investissements massifs à orienter vers le secteur pharmaceutique (la distribution notamment) et la production d’équipements scientifiques. Le financement de l'innovation par du private equity serait d'un grand apport pour affirmer cette tendance.

Par ailleurs, les essais cliniques sont encore à leur premier pas en Tunisie, mais sont appelés à se propager rapidement, notamment pour accompagner les travaux de recherche sur des nouvelles thérapies, reposant sur la génomique et les biotechnologies. Deux domaines dans lesquelles la Tunisie dispose d’avancées certaines sur le plan théorique. Les facteurs clefs de succès reposent sur le rapprochement entre les secteurs Public et Privé, et l’adoption de normes et standards internationaux.

Enfin, aucun progrès ne sera acté, s’il ne profite pas équitablement à la population locale. Cela exige une grande réforme de l'assurance maladie. L’accès à des soins de qualité passe aussi par une couverture maladie universelle.